26 mai 2007
Je t'offrirai une rose
Je t'offrirai une rose, une rose rouge, pour tout colorer
Une rose pour te consoler pour chacune de tes larmes
Et une rose pour pouvoir t'aimer
Je t'offrirai une rose, une rose blanche comme si tu étais mon épouse
Une rose qui te servira à oublier chaque petite douleur
Je m'appelle Antonio et je suis fou
Je suis né en 54 et je vis ici depuis que je suis tout petit
Je croyais parler avec le démon, ainsi on m'a enfermé 40 ans dans un asile
Je t'écris cette lettre parce que je ne sais pas parler
Excuse mon écriture d'école primaire
Je suis étonné de pouvoir éprouver encore une émotion
Mais la faute est à ma main qui n'arrête pas de trembler
Je suis comme un piano avec une touche cassée
L'accord dissonnant d'un orchestre de musiciens ivres
Les jours et les nuits se ressemblent
à travers le peu de lumière qui traverse les vitres opaques
Je fais encore dans mon froc parce que j'ai peur
Pour la société des gens sains, nous n'avons toujours été qu'une ordure
Une odeur d'urine et de sciure
Ceci est une maladie mentale et il n'existe pas de remède
Je t'offrirai une rose, une rose rouge pour tout colorer
Une rose pour te consoler pour chacune de tes larmes
et une rose pour pouvoir t'aimer
Je t'offrirai une rose, une rose blanche comme si tu étais mon épouse
Une rose qui te servira à oublier chaque petite douleur
Les fous sont des points d'interrogation sans phrases
Des milliers de fusées qui ne reviennent pas à la base
Des poupées étendues sur le sol pour le balayer
Les fous sont les apôtres d'un Dieu qui n'en veut pas
Je me fabrique la neige avec du polystyrène
Ma pathologie est que je suis resté seul
Maintenant prenez un télescope, mesurez les distances
Regardez entre vous et moi.. qui de nous est le plus dangereux ?
Dans les pavillons on s'aimait en cachette
Nous repliant dans un coin qui était uniquement le notre
Je me rapelle des rares moments où l'on s'est sentis vivants
Pas comme sur les fiches cliniques empilées dans les archives
De mes souvenirs tu seras la dernière à t'éteindre
Tu étais comme un ange attaché au radiateur
Mais malgré tout, je t'attends encore
Et si je ferme mes yeux, je sens ta main qui m'effleure
Je t'offrirai une rose, une rose rouge pour tout colorer
Une rose pour te consoler pour chacune de tes larmes
Et une larme pour pouvoir t'aimer
Je t'offrirai une rose, une rose blanche comme si tu étais mon épouse
Une rose blanche qui te servira à oublier chaque petite douleur
Je m'appelle Antonio et je suis sur le toit
Chère Margarita, celà fait maintenant 20 ans que je t'attends
Les fous sont nous, quand personne ne nous comprend
Quand même notre meilleur ami nous trahit
Je te laisse cette lettre, je dois partir maintenant
Excuse mon écriture d'école primaire
Et si tu es étonnée que j'éprouve encore une émotion
Et bien surprends toi à nouveau, parce qu'Antonio sait voler...
C'est en gros ce que dit Simone Christicchi dans "ti regalero una rosa", une chanson avec laquelle il a remporté le festival San Remo cette année, et qui devrait donner à réfléchir à tous les "sains" qui se permettent de mépriser les gens souffrant de maladies mentales.
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